Le ronronnement, voilà un outil de séduction pour réclamer de la nourriture que les chiens n’auront jamais! Oui, j’ai bien dit séduction!
En effet, au cours de l’été 2009, une étude sur le ronronnement publiée dans la revue scientifique britannique Current Biology confirme cette hypothèse. La chercheuse et biologiste, Karen McComb a réalisé cette découverte en observant attentivement son chat Pepo alors qu’il exigeait sa nourriture. En plus de miauler, celui-ci émettait un ronronnement particulièrement désagréable à l’oreille humaine, et ce, à chaque fois qu’il voulait signifier à sa maîtresse, son désir de manger. C’est ainsi que l’idée d’une recherche sur le sujet lui est venue.
Elle a donc enregistré le ronronnement de plusieurs chats, et ce, dans différentes situations allant du matou totalement affamé à la chatte béate de bonheur suite à des caresses. Puis elle a fait écouter ses bandes sonores aux propriétaires qui dans 80 % des cas ont réussi à reconnaître le « son » de leur chat.
Mme McComb, spécialiste de la communication vocale des mammifères à l'université du Sussex à Brighton (Royaume-Uni), a ainsi découvert que dans le ronronnement signifiant « j’ai faim », se cachait un pic de fréquence (1 090 hertz) plus élevé que dans le ronron habituel. Cette haute fréquence constituerait une sorte de message subliminal émis par le chat pour signifier une situation d’urgence incluant la volonté immédiate de manger.
En retravaillant la bande sonore et en enlevant ce pic de fréquence strident et pleurnichard, pour ne laisser que le ronronnement de base, les propriétaires n’étaient plus en mesure de reconnaître aussi facilement l’appel « de détresse » de leur chat.
La chercheuse en est venue à la conclusion que ce ronronnement de sollicitation similaire aux pleurs d’un bébé pour les parents, permettait aux chats d’obtenir ce qu’il voulait de leurs maîtres sans avoir à miauler, ce qui pour certains propriétaires est plutôt rebutant. Toutefois, pour que cela fonctionne, il faut une maison calme avec une interaction directe entre le chat et le maître. Dans un foyer bruyant où il y a des enfants ou d’autres animaux, le bon vieux miaulement à fendre l’âme est encore l’arme de destruction massive de prédilection pour convaincre le maître qu’il est temps de manger!
Rappelez-vous que le ronronnement destiné aux humains, exprime non seulement le besoin d’affection et de soins, mais traduit aussi des émotions comme le stress, la confiance, l’abandon ou la satisfaction. Entre chats, il indique le statut social ou le degré de soumission.
Ainsi, la prochaine fois que votre chat viendra sur vos genoux ou se frottera sur vos jambes en ronronnant, soyez conscient qu’il essai peut-être de vous « hypnotiser » pour parvenir à ses fins en calmer sa faim!
Comment fonctionne le ronronnement!
Au fil des décennies, plusieurs hypothèses ont été envisagées afin d’expliquer l’origine physique du ronronnement. Ce serait la conséquence de contraction très rapide du larynx (20 à 30 fois par seconde) qui provoquerait des modifications de configuration de la glotte. Au début, il y a rétrécissement de la glotte, ce qui crée une augmentation de la résistance et de la pression. Puis, il y a une ouverture rapide des cordes vocales qui entraîne cette fois-ci une diminution de la pression. C’est cette variation de pression qui crée la résonance engendrant le ronronnement. Pendant l’inspiration, on observerait aussi des décharges électromyographiques diaphragmatiques en alternances avec celles du larynx. Le chat ronronne donc grâce à son larynx et la stimulation du diaphragme l’aide à mieux respirer pendant cette période. Il faut aussi ajouter que l’os hyoïde des chats qui est situé, tout comme nous, au niveau du larynx, possède quelques caractéristiques morphologiques légèrement différentes, ce qui explique sa capacité à ronronner. Bref, le chat ronronne à l’aide d’une particularité physique de son larynx, la conservation d’un comportement juvénile et surtout d’une volonté de vouloir communiquer.
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